Rio de Janeiro, BRÉSIL | 2014

 
 

L'intention de Mocóia

A travers Mocóia, je désire contribuer à l’épanouissement et expression personnels de l’autre en partageant des sculptures miniatures nomades qui créent une connection intime avec le porteur et l’aident à se reconnecter à lui-même et à la (sa) Nature, car la Nature n'est pas une ressource mais la source même de la vie. Nourries par une vie nomade faite de voyages, de rencontres et d’expériences, mes créations sont à la croisée de l’art, de la parure et de la magie. L’art prend corps et fait corps avec son gardien, devenant ainsi un précieux talisman, l’accompagnant à fleur de peau en tout temps et tout lieu. Créés comme sculptures inspirées de la nature ou avec des pierres naturelles, en série limitée ou en pièce unique, ils sont une ode à la nature qui nous mène à reconnaître et chérir la raison d’être, la beauté et la sacralité de l’imperfection. Les bijoux se font intermédiaires d’expérience et d’expression de soi, une invitation pour percevoir au-delà du visible, pour à la fois plonger plus profond dans le sens et se sentir plus léger dans l’être.

 
 
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Le talisman protecteur que j'ai créé pour Mocóia :

Le messager entre Terre et Ciel,

l'union entre le matériel et le spirituel

 
 
 
 

L'origine du mot

Le mariage de deux mots est à l’origine de “MOCÓIA”:

 

1/ PHARMACHRUS MOCINNO est le nom scientifique du QUETZAL, l’oiseau sacré du Guatemala, de plumes vertes ou bleues et à la poitrine rouge braise. Chez les Mayas, ses plumes avaient la même valeur que l’émeraude et elles sont utilisées comme talisman jusqu’à aujourd’hui en Amérique Centrale. L’oiseau représente une volée de symboles que je partage ici avec vous et qui en font un être assez supercalifragilisticexpialidocious:

Dans la cosmogonie Maya raconté dans le Popol-Vuh, lorsque le Soleil se leva apres la création de tous les animaux sur Terre, le Quetzal est le premier oiseau a avoir chanté. Il en devint ainsi le représentant du Père Soleil sur Terre et a pour élément le feu. C’est en raison de son poitrail rouge et de son association au feu qu’il est également assimilé au phoenix (du grec ancien “rouge pourpre”), qui symbolise le cycle de la vie et de la mort grâce à son pouvoir de renaissance après avoir été consumé par le feu.

Au-delà de Papa, le Quetzal incarne le nagual T’ZIKIN dans les religions meso-américaines. Représentants d’espèces animales, les naguals sont dans le calendrier maya des gardiens ou esprits tutélaires (l’équivalent des signes astrologiques) qui sont intimement liés à leurs natifs humains, à tel point que ceux-ci pourraient se transformer en cet animal. Ainsi l’oiseau T’ZIKIN est le nagual de la liberté, de l’amour, de la fertilité et de la chance (il symbolise le jour où les oiseaux montrèrent aux Mayas où se trouvait le maïs sacré), ainsi que de la prospérité matérielle et spirituelle. Il est également le nagual de la vision ample et aiguisée —via les yeux mais aussi au-delà du visible, via l’intuition et les révélations dans les rêves— ainsi que de la conscience globale: lors de la création de l’Humain, les Dieux restreignèrent sa vision à ce qui lui est proche afin de limiter son pouvoir, c’est pourquoi le T’ZIKIN fait office de messager entre le “Cœur de la Terre” et le “Cœur du Ciel”, entre le Créateur et l’être humain, faisant l’union entre la matière et le spirituel. Il encourage à définir sa propre vision, son propre vol, sans envier les ailes ou l’air de l’autre. C’est pourquoi celui qui a pour gardien le T’ZIKIN est un esprit libre, visionaire, excentrique et qui rompt l’ordre établi, en recherche d’expériences. Il est caractérisé par la simplicité, il aime la nature et a besoin d’elle pour vivre.  Il s’oriente vers le travail pour la communauté et vers le mysticisme, donnant la capacité aux autres de développer leurs sens et leurs pouvoirs intérieurs.  

C’est pour cela —et parce qu’il est également mon gardien!— que je l’ai choisi pour être le gardien de vos bijoux. Le talisman que j’ai créé pour Mocóia reprend ces notions, en y ajoutant également —vous saurez tout— les symboles protecteurs de deux Orixás (forces divines de la nature dans les religions Umbanda et Candomblé) : Oxóssi, le dieu de la forêt et des animaux, représenté par un arc et une flèche, et Yemanjá, la déesse de la mer, représentée par les vagues, qui sont tous deux mes gardiens.

Voilà. Supercalifragilisticexpialidocious.

 

2/ TUTÓIA ! est une interjection de la langue indienne Tupi Guarani du Brésil, signifiant que lindo! : “comme c’est beau!”

 

Mocóia fait écho au nom Nuambé, qui est l’union impossible de Nuage avec Flambé, et représente le lieu où je rêve, me perds pour éventuellement —un jour— mieux me retrouver et où je transmute les rêves grâce au feu. J’aime la sonorité du mot Mocóia, qui me rappelle également deux autres mots portugais que j’adore: Mocotó, un plat traditionnel Brésilien, ainsi que Jóia, “joyau” et qui fait partie de l’expression courante tudo jóia? (“tout va bien?”, littéralement “tout est joyau?”), ce à quoi il faut répondre...

Oui, tout est joyau...


 

Lago Atitlán, GUATEMALA — 2017

Vienen Los Pájaros

"Les Oiseaux Arrivent" Poème-chanson de Pablo Neruda et Mikis Theodorakis

Rio de Janeiro, BRÉSIL — 2015

Rio de Janeiro, BRÉSIL — 2015

Todo era vuelo en nuestra tierra.
Como gotas de sangre y plumas
los cardenales desangraban
el amanecer de Anáhuac.
El tucán era una adorable
caja de frutas barnizadas,
el colibrí guardó las chispas
originales del relámpago
y sus minúsculas hogueras
ardían en el aire inmóvil.
Los ilustres loros llenaban
la profundidad del follaje
como lingotes de oro verde
recién salidos de la pasta
de los pantanos sumergidos,
y de sus ojos circulares
miraba una argolla amarilla,
vieja como los minerales.
Todas las águilas del cielo
nutrían su estirpe sangrienta
en el azul inhabitado,
y sobre las plumas carnívoras
votaba encima del mundo
el cóndor, rey asesino,

 
 

fraile solitario del cielo,
talismán negro de la nieve,
huracán de la cetrería.
La ingeniería del hornero
hacia del barro fragante
pequeños teatros sonoros
donde aparecía cantando.
El atajacaminos iba
dando su grito humedecido
a la orilla de los cenotes.
La torcaza araucana
hacía ásperos nidos matorrales
donde dejaba el real regalo
de sus huevos empavonados.
La Loica del Sur, fragante,
dulce carpintera de otoño,
mostraba su pecho estrellado
de constelación escarlata,
y el austral chingolo elevaba
su flauta recién recogida
de la eternidad del agua.
Más, húmedo como un nenúfar,
el flamenco abría sus puertas
de sonrosada catedral,

y volaba como la aurora,
lejos del bosque bochornoso
donde cuelga la pedrería
del quetzal, que de pronto despierta,
se mueve, resbala y fulgura
y hace volar su brasa virgen.
Vuela una montaña marina
hacia las islas, una luna
de aves que van hacia el Sur,
sobre las islas fermentadas del Perú.
Es un río vivo de sombra,
es un cometa de pequeños
corazones innumerables
que oscurecen el sol del mundo
como un astro de cola espesa
palpitando hacia el archipiélago.
Y en final del iracundo mar,
en la lluvia del océano
surgen las alas del albatros
como dos sistemas de sal
estableciendo en el silencio
entre las rachas torrenciales,
con su espaciosa jerarquía
el orden de las soledades.